Spherik : la marque de vélos québécoise qui a misé sur le produit

Vous avez peut-être croisé un Spherik sur une piste cyclable ou dans un sentier enneigé sans trop savoir d'où venait la marque. Spherik est une marque de vélos québécoise, active depuis 2013 : les vélos sont conçus ici, assemblés au Canada, et l'entreprise est établie dans la région de Québec.

Ce qui distingue Spherik n'a jamais été une campagne de publicité. C'est une façon de construire un vélo. Les concepteurs viennent de l'industrie, ils passent beaucoup de temps en selle, et la marque cherche depuis le premier jour le même équilibre : la qualité et la performance dont vous avez besoin, sans le supplément de prix qui vient habituellement avec. Voici d'où vient Spherik, ce que la marque fabrique aujourd'hui, et à qui chaque modèle s'adresse.

Cycliste sur un vélo de route Spherik blanc et noir, sur une route de campagne au coucher du soleilSur les modèles de performance, Spherik travaille le ratio poids, rigidité et rendement.

D'où vient Spherik ?

L'impulsion de départ vient de Magma Développement, une entreprise québécoise fondée en 2010 par Réjean Gosselin, à l'initiative de la création de la marque. Spherik prend son envol en 2013, puis se développe par étapes, jamais par sauts.

Au cœur du projet, il y a surtout un homme : Dominique Faure, ex-cycliste, concepteur et copropriétaire de Spherik — celui que Vélo Mag décrit comme « le père des Spherik ». C'est lui qui dessine les vélos. Le modèle d'affaires, lui, n'a pas bougé depuis les débuts : une boutique à Québec, et un réseau de détaillants ailleurs au Québec et au Canada.

Cycliste tenant son vélo de route Spherik devant un café-vélo par une journée ensoleilléeConçus au Québec, assemblés au Canada : la marque a gardé le même modèle depuis 2013.

Une expertise de conception, pas seulement un logo

C'est probablement le point le plus mal connu de la marque. Derrière les vélos Spherik, il y a neuf années de travail chez Time, le fabricant français réputé pour sa maîtrise du carbone — donc une vraie familiarité avec les outils de conception assistée par ordinateur et avec chaque étape du développement d'un cadre. S'y ajoutent des milliers de kilomètres accumulés par les concepteurs sur tous les types de vélos, et 24 ans de compétition.

Cycliste franchissant une passerelle de bois sur un vélo de montagne Spherik dans un sous-bois ensoleilléDes milliers de kilomètres en selle et 24 ans de compétition derrière chaque choix de conception.

La marque travaille aussi avec des firmes de consultants externes pour valider ses designs plutôt que de tout garder à l'interne. Le résultat, c'est une philosophie produit assez simple à résumer, et que Spherik revendique elle-même : ce dont vous avez besoin, et rien de trop. Pas de composante ajoutée pour gonfler une fiche technique, pas de technologie décorative — de la performance utile, sur les pièces qui changent réellement quelque chose quand vous roulez.

« Ce dont vous avez besoin, et rien de trop. » — Spherik

Le fatbike, la rampe de lancement

Spherik ne s'est pas lancée en attaquant le vélo de route de front. La marque a fait le contraire : elle a choisi une catégorie en pleine croissance, le fatbike, et s'y est construit une réputation avant d'aller ailleurs. C'était un pari intelligent. Le fatbike se juge sur des critères concrets — adhérence, contrôle, fiabilité par grand froid — et pardonne mal l'à-peu-près.

Cette réputation acquise, Spherik a élargi progressivement : des roues, puis la route, la montagne, le vélo urbain et l'assistance électrique. Aujourd'hui, la marque couvre à peu près toutes les pratiques. Si cette gamme vous intéresse, notre essai du Spherik SF6 entre dans le détail d'un modèle précis.

Cycliste sur un fatbike Spherik dans une rue enneigée pendant une tempête de neigeC'est le fatbike qui a bâti la réputation de la marque — et il ne sert pas qu'en sentier.

Des reconnaissances venues de l'extérieur

Une marque qui parle bien d'elle-même, ce n'est pas une preuve. Des évaluations indépendantes, c'est autre chose. Protégez-Vous a testé 24 vélos à assistance électrique, dont plusieurs modèles de marques québécoises, et Spherik en ressort avec deux résultats : le SES a été désigné « Meilleur choix » en 2025 et en 2026, et le SE1 a reçu en 2026 une reconnaissance liée au rapport qualité-prix.

Ces deux modèles sont des vélos urbains électriques taillés pour le quotidien plutôt que pour la performance. Dans la fiche publique de Protégez-Vous, le SES est mesuré à 27,1 kg (59,7 lb), avec un moteur-roue arrière Bafang de 500 W à capteur de cadence, une batterie de 720 Wh et une autonomie relevée de 75 km à 25 km/h de moyenne. Ce sont des chiffres de vélo urbain assumé : lourd, autonome, conçu pour transporter quelqu'un et ses affaires tous les jours sans y penser.

Cycliste sur un vélo urbain électrique Spherik violet à cadre bas, dans une rue du centre-villeLes vélos urbains électriques comme le SES et le SE1 visent le trajet quotidien avant la performance.

Le Spherik d'aujourd'hui : le poids comme obsession

L'autre bout de la gamme raconte une histoire complètement différente. Sur ses modèles de performance, Spherik est passée à la motorisation Maxon Bikedrive Air, un système compact pensé pour disparaître dans le vélo. Le E-SRD, le vélo de route électrique de la marque, annonce ainsi 11,2 kg (24,7 lb) sur un cadre en carbone Toray T-700, avec une batterie de 250 Wh extensible à 500 Wh — soit une autonomie de 100 km, ou 200 km avec la deuxième batterie.

Pour situer : c'est le poids d'un vélo de route en carbone sans moteur. Et c'est exactement l'argument de la marque.

« On estime que 80 % des gens hésitent à acheter un vélo de montagne à assistance électrique en raison du poids trop important d'une telle monture. Nos vélos se comportent comme des vélos traditionnels, avec un moteur en plus. On peut bien sûr pédaler sans l'aide de la motorisation. »

Dominique Faure, concepteur et copropriétaire de Spherik, en entrevue à Vélo Mag

C'est là que se joue le travail actuel de la marque : le ratio entre le poids, la rigidité et le rendement, avec des matériaux haut de gamme et une philosophie construite autour de la légèreté.

Cycliste roulant à vive allure sur un vélo de route Spherik en bordure de champSur la route, la marque vise une seule sensation : celle d'un vélo qui se fait oublier. 

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Ce qui n'a pas changé

L'image de marque a évolué, la gamme s'est étendue, la motorisation s'est raffinée. Le fil rouge, lui, est resté le même depuis 2013 : concevoir des vélos pertinents, bien pensés, adaptés à la réalité des cyclistes d'ici — celle des hivers longs, des sentiers gelés, des routes de campagne et des trajets en ville sous la pluie de novembre.

Ce fil rouge est inscrit jusque dans le nom. Spherik vient de « sphère » : la rotation, l'élan, la continuité — le mouvement qui ne s'arrête pas. Une image simple, et au fond la seule chose qu'un vélo vous demande : continuer d'avancer. Aller un peu plus loin, découvrir, bouger à votre façon.

Reste la question qui compte vraiment : pour qui ? Là non plus, la réponse n'a pas bougé depuis le début — rendre l'innovation et la qualité accessibles au plus grand nombre. Un excellent vélo ne devrait pas être réservé à une catégorie de cyclistes, ni à ceux qui disposent du plus gros budget. Les mêmes standards de conception traversent donc toute la gamme, du vélo d'une première aventure à celui qui sert à repousser ses limites. Ce qui change d'un modèle à l'autre, c'est le niveau d'équipement — jamais le soin mis dans le vélo.

Deux cyclistes souriantes sur des vélos urbains électriques Spherik le long d'une piste cyclable au bord de l'eauLe mouvement accessible à tous : la formule décrit surtout des vélos qu'on a envie de sortir.

C'est ce que Spherik résume en une phrase : le mouvement accessible à tous. Autrement dit : peu importe votre budget, vous avez le droit de rouler sur un Spherik.

La gamme Spherik en un coup d'œil

Modèle Type de vélo Pour qui
SF4+ Fatbike Rouler l'hiver, les sentiers meubles et les terrains difficiles avec un maximum de traction
SMH2 Vélo de montagne semi-rigide S'initier au sentier simplement, sur un premier vélo de montagne
SEU 3000 Step-Through Vélo urbain électrique Déplacements quotidiens, cadre à enjambement bas, autonomie annoncée jusqu'à 95 km
SE1 Vélo urbain électrique Confort avant tout : fourche suspendue, accessoires complets, moteur-roue de 500 W
SES Vélo urbain électrique Le modèle évalué par Protégez-Vous — grosse batterie, usage intensif
E-SRD Vélo de route électrique Garder la sensation d'un vélo de route en carbone, avec l'assistance en réserve

Questions fréquentes

Les vélos Spherik sont-ils fabriqués au Québec ?

Spherik est une marque québécoise : la conception, le design et le développement produit se font ici, et les vélos sont assemblés au Canada. Comme pour l'immense majorité des marques de vélo dans le monde, les cadres et les composantes proviennent de fournisseurs internationaux. Ce qui est réellement local, c'est la propriété de la marque, l'ingénierie et les choix de spécifications.

Que vaut un Spherik par rapport à une grande marque ?

C'est la question que tout le monde se pose, et la réponse tient au positionnement. Spherik dépense peu en commandites internationales et en équipes professionnelles, et réinvestit cette marge dans les composantes. À budget égal, vous obtenez généralement une transmission, des freins ou une fourche d'un cran supérieur à ce qu'une grande marque vous donnerait. En échange, vous renoncez à la valeur de revente d'un nom mondialement connu. Si vous gardez vos vélos longtemps et que vous roulez plus que vous ne revendez, l'arbitrage penche clairement du côté de Spherik.

Quel Spherik choisir pour rouler l'hiver ?

Le fatbike, sans hésiter — c'est la catégorie qui a fait la marque. Le SF4+ est monté sur des pneus Terrene de 27,5 po et une transmission Shimano Deore 11 vitesses, avec une tige de selle télescopique pour les descentes techniques. Pour les sentiers durcis et damés, un vélo de montagne semi-rigide comme le Spherik SMH2 fait aussi le travail, à condition d'accepter moins de flottaison dans la neige fraîche.

Un vélo électrique Spherik demande-t-il un entretien particulier ?

Oui, mais rien d'exotique. Un vélo à assistance pèse plus lourd et développe plus de couple qu'un vélo musculaire : la chaîne, la cassette et surtout les plaquettes de frein s'usent plus vite. La batterie, elle, se conserve à l'intérieur l'hiver, chargée entre 40 et 80 % si vous ne roulez pas. Nos mécaniciens s'occupent de l'entretien des vélos électriques dans nos six magasins.

Où voir un vélo Spherik au Québec ?

Bicycles Quilicot tient des vélos Spherik dans ses magasins et en ligne. La disponibilité varie selon le modèle et la taille — le plus simple reste de consulter la gamme en ligne, ou de nous écrire pour savoir ce qui se trouve en boutique en ce moment.

En résumé

Spherik est une des rares marques de vélos québécoises à avoir tenu la distance, et elle l'a fait en prenant le chemin le plus lent : un produit à la fois, une catégorie à la fois, sans jamais promettre plus que ce que le vélo pouvait livrer. Treize ans plus tard, la gamme va du fatbike d'hiver au vélo de route électrique de 11 kg, et le raisonnement de départ n'a pas bougé d'un pouce.

Si vous cherchez un vélo qui en donne beaucoup pour ce qu'il coûte, et que la valeur de revente d'un grand nom vous importe moins que ce qui est réellement monté dessus, la marque mérite un vrai coup d'œil.

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