Quatre jours chez Givelo à Medellín : ce qu'on est allé voir en Colombie

Chez la plupart des marques de vêtements cyclistes, il y a un océan entre la table où le vêtement est dessiné et la montagne où il finira sa vie. Chez Givelo, il y a les routes d'Antioquia : la campagne, les cols à plus de 2 500 mètres et des paysages qui donnent envie de s'arrêter au milieu d'une montée. Nous sommes allés les parcourir.
Le point de départ est déjà à 2 100 mètres
Mercredi matin, 8 h 30, devant l'hôtel à Rionegro. Les vélos sont sortis, les bidons remplis et le GPS affiche déjà 2 100 mètres d'altitude. Ce n'est pas le sommet de la journée. C'est le stationnement.
C'est probablement la première chose à comprendre quand on roule en Antioquia : ici, l'altitude n'est pas un exploit, c'est le plancher. En ce qui nous concerne, nous sommes plutôt habitués au Mont-Royal qui culmine à 233 mètres. À Medellín, on commence neuf fois plus haut et on monte encore. Vos jambes vont bien. Votre souffle, lui, met deux jours à comprendre ce qui lui arrive.
Nous étions les invités de Givelo. Quatre jours pendant lesquels la marque colombienne réunit chez elle les détaillants qui la portent à l'étranger.
Les routes et le café colombien valent le détour à eux seuls. On vous embarque avec nous.
Le départ, chaque matin, devant l'hôtel.Jour 1 — Santa Elena, ou le pays où tout le monde roule
65 km, 1 136 m de dénivelé, point haut à 2 611 mètres. (voir la sortie sur Strava)
La première sortie grimpe vers l'Alto de la Virgen, traverse le Parque Arví et redescend par Santa Elena. Trois heures de selle. Trois heures parfaitement typiques d'une route colombienne, aussi : la végétation change tous les cinq kilomètres, les vallées s'ouvrent d'un coup au détour d'un virage et la campagne est habitée en permanence. Des fermes, des vaches dans les prés, des ateliers de bois ouverts sur la route, des vendeurs, des enfants. Rien n'est désert.
La campagne d'Antioquia : des vallées à perte de vue et des fermes partout.Et des cyclistes. Beaucoup de cyclistes. Des clubs, des familles, des coureurs en maillot répliqué de leur idole. En Antioquia, le vélo n'est pas un loisir de fin de semaine : c'est un moyen de transport, un sport national et une fierté locale, tout en même temps.

Dans la roue des locaux.La circulation obéit aussi à d'autres codes. Le klaxon, ici, n'exprime pas l'agacement : il annonce une présence. « Je suis là », « je vais doubler », « j'ai vu que tu ne m'avais pas vu ». Il faut un peu de temps pour arrêter de sursauter et s'y habituer, puis une journée pour trouver ça rassurant. Givelo avait prévu des motos pour encadrer le groupe tout au long des sorties — un standard local qu'on gagnerait à emprunter.

À mi-parcours, arrêt dans un café de route. Un vélo de piste suspendu au plafond, des tables en bois peint et au mur, les visages de Nairo Quintana et d'autres légendes colombiennes du cyclisme. Pas une déco de chaîne : des affiches accrochées par des gens qui ont regardé ces courses en direct, dans ce village.
Le café est excellent. Évidemment.

Des maillots Postobón, un vélo de route accroché au mur, des portraits peints à la main. Un café de village en Antioquia.Jour 2 — La Unión, une brasserie et un atelier de vélos en acier
84 km, 1 216 m de dénivelé. (voir la sortie sur Strava)
Deuxième journée, plus longue : El Retiro, la fameuse montée de La Unión, San Antonio, puis Llanogrande. Des routes que les locaux connaissent par cœur et que les équipes professionnelles viennent user en stage d'altitude.

La Unión est affichée au pied de la montée comme un col de course, avec son panneau officiel : 7,3 km à 5,1 % de moyenne, 369 mètres de dénivelé, sommet à 2 536 mètres. Puerto de segunda categoría. Tout est écrit, il n'y a plus qu'à monter.
La Unión : 7,3 km à 5,1 %, sommet à 2 536 m. Deuxième catégorie.L'arrivée ne ressemble à aucune fin de sortie qu'on connaît : Torrealta, une brasserie artisanale posée dans la verdure à El Retiro. Dégustation guidée, repas sur place et une vue qui justifie à elle seule les 84 kilomètres. Si vous passez un jour par Medellín avec un vélo, notez ce nom.
Fin de sortie à Torrealta. On a vu pire comme récupération.

Scarab Cycles, une belle surprise à deux pas de là
À quelques minutes de la brasserie, on a eu la chance de visiter l'atelier de Scarab Cycles. Ce n'est pas une marque que nous vendons chez Bicycles Quilicot, juste une découverte qui valait le détour.
Scarab construit des vélos en acier sur mesure, dessinés, brasés, peints et assemblés à El Retiro, pour un cycliste à la fois. On y retrouve exactement ce qu'on allait découvrir le lendemain chez Givelo, transposé au métal : des gens qui parlent de leur travail avec une précision d'horloger, qui vous expliquent pourquoi ce tube plutôt qu'un autre, pourquoi cette géométrie pour ce cycliste, pourquoi cette peinture demande trois jours de plus. Leur formule tient en une ligne : des vélos façonnés par les gens qui les roulent et par les montagnes qui les entourent.
Chaque cadre porte une étiquette au nom de son futur propriétaire.
Un cadre en cours d'assemblage et le gabarit sur lequel se joue toute la géométrie.Deux ateliers, deux matériaux, une même montagne à l'horizon. Le motif commençait à se dessiner.
Jour 3 — Envigado, là où les maillots naissent vraiment
Vendredi matin, direction Envigado, en plein cœur de Medellín. Le siège de Givelo n'est pas une usine en périphérie : c'est une maison. On y entre comme chez quelqu'un.
Givelo a été fondée ici en 2017 par trois amis. Neuf ans plus tard, la marque roule sur plusieurs continents et ses vêtements sont toujours assemblés dans cette maison. Si vous voulez l'histoire complète, nous l'avons racontée dans notre article sur la marque.
Le siège de Givelo, à Envigado. Plus une maison qu'un siège social.Et tout s'y passe. Sous le même toit : l'administration, l'équipe qui gère les expéditions vers l'Amérique du Nord et le reste du monde, les designers, les associés — et les personnes qui coupent, cousent et contrôlent chaque pièce.
Un poste de travail à l'atelier d'Envigado. Rien d'automatisé : des mains, une machine, un ruban à mesurer.C'est là qu'on découvre ce qu'il y a vraiment derrière la marque.
On peut lire « fabrication locale » sur cent fiches produit sans que ça déclenche quoi que ce soit. C'est un argument de vente comme un autre. Puis on se retrouve à un mètre d'une table de coupe, à regarder une couturière assembler un panneau de maillot à la main, vérifier la tension d'une couture, reprendre. Là, l'argument devient une personne.
Chaque pièce passe entre ces mains-là.Les matières viennent d'une sélection faite avec beaucoup de soin : certains tissus italiens pour leur qualité, d'autres japonais pour leur technicité, chacun retenu pour ce qu'il sait faire de mieux. Mais tout le reste — la coupe, l'assemblage, le contrôle qualité, la décision de refuser une pièce — se joue dans cette maison, à quarante minutes des cols où ces vêtements seront portés.
Le mur des matières. Chaque tissu est choisi pour une raison précise.C'est ça, la vraie particularité de Givelo. Ce que quelqu'un dessine un lundi matin peut être cousu le mardi et testé le mercredi sur une montée à 2 500 mètres, par les gens qui l'ont dessiné. Aucune marque européenne ou nord-américaine ne dispose de cette boucle-là. Entre le croquis et la vraie vie, il y a normalement un océan, trois fuseaux horaires et six mois de calendrier. Ici, il y a une route de montagne.
Des gens qui connaissent leur métier par cœur
Rafael, Mateo et Nicolás, les trois fondateurs, nous ont accueillis chaleureusement chez eux. Nous avons également eu la chance de nous faire présenter les gammes à venir par Steven, responsable de la stratégie — un véritable amoureux du vélo doublé d'un connaisseur insatiable des technologies actuelles et à venir.
Steven nous a servi de guide pendant tout le séjour. Il connaît les routes aussi bien que les produits.Posez-lui une question technique très précise et vous saurez tout de suite que vous en aurez pour votre argent :
- Les poches de cuissard cargo : pourquoi elles doivent être orientées d'une certaine façon plutôt qu'une autre
- Les bandes siliconées : pourquoi telle version tient mieux sur la cuisse qu'une autre
- Le chamois : ce qui distingue un bon chamois d'un chamois correct sur une sortie de cinq heures
- Le choix d'un matériau sur les épaules plutôt qu'un autre dans le dos
Ce ne sont pas des arguments appris pour la visite : c'est le vocabulaire quotidien de gens qui roulent ce qu'ils fabriquent.
Et l'ambition ne s'arrête pas là. Le discours qui revient le plus souvent dans cette maison, ce n'est pas « on veut faire aussi bien que les grandes marques européennes ». C'est : où est-ce que personne n'est encore allé ? Sur les matières, sur les coupes, sur des détails que la plupart des marques considèrent comme réglés. C'est peut-être ce qui nous a le plus marqués — cette insatisfaction tranquille qui pousse à recommencer un vêtement qui fonctionnait déjà.
Ce qu'on ramène dans nos magasins
On repart d'un voyage comme celui-là avec des photos, quelques courbatures et une certitude.
Ce qui reste, au fond, ce ne sont ni les cols ni les chiffres. Ce sont les gens. Une équipe qui parle de ses vêtements comme un artisan parle de son atelier, qui roule ce qu'elle fabrique, qui refuse une pièce parce qu'une couture n'est pas parfaitement droite. Cet amour du travail bien fait ne se décrète pas dans un cahier des charges. Il se voit sur les visages quand on pose une question précise et qu'on vous répond pendant vingt minutes, avec le sourire de quelqu'un qui adore son sujet.
Mauro, un des ambassadeurs de la marque, notre guide durant les 2 sorties locales.Et il y a la Colombie elle-même. On parle beaucoup de l'hospitalité colombienne et on la sous-estime encore. En quatre jours, personne ne nous a laissés seuls une minute.
La qualité d'un vêtement de vélo ne se joue pas sur la fiche technique. Elle se joue sur la distance entre celui qui le conçoit et celui qui le porte. Chez Givelo cette distance est courte.

Ce qui change concrètement pour le client : quand nous conseillons une pièce Givelo en magasin, ce n'est plus sur la foi d'un catalogue. Nous avons vu qui la coud, sur quelle table, avec quel niveau d'exigence — et nous avons roulé les mêmes routes que celles qui servent à la tester.
Il y a aussi tout ce qu'on ne peut pas encore vous raconter. Nous avons eu droit en exclusivité à un aperçu des gammes à venir dans les prochains mois. Sans rien dévoiler : ça continue sur la lancée, plusieurs gammes vont encore se perfectionner et il y a de grandes nouveautés vraiment excitantes qu'on a très hâte de pouvoir diffuser largement.
Découvrir Givelo chez Bicycles Quilicot
Les vêtements Givelo sont disponibles en ligne et dans nos six magasins. Nos conseillers peuvent vous guider vers la coupe et la collection qui correspondent à votre pratique : Rosemont, Villeray, Laval, Sainte-Thérèse, Mascouche et Mont-Tremblant.
Découvrez la collection Givelo
Maillots, cuissards et vestes conçus et assemblés à Medellín — en ligne ou dans l'un de nos six magasins.
Voir la collection GiveloPhotos : Javo Agudelo.